Déductibilité des frais de représentation

FRAIS DÉDUCTIBLES – FRAIS DE RÉCEPTION ET DE REPRÉSENTATION

Seulement 3 % de votre chiffre d’affaires en frais ?

Votre contrôleur soutient que vos frais de restaurant et de représentation ne sont déductibles qu’à concurrence de 3 % de votre chiffre d’affaires. D’où tire-t-il ce chiffre et comment convient-il de réagir ?

Déduction des frais de restaurant

Uniquement les dépenses professionnelles. Les frais de repas, de cadeaux d’affaires, de réception et les autres frais de représentation ne sont déductibles que si vous pouvez en démontrer le caractère professionnel. D’où notamment l’importance d’indiquer le nom de vos convives et éventuellement le motif du repas au verso de la note de restaurant.

Une déduction limitée ! Même si ces frais sont professionnels, leur déduction fiscale est plafonnée. Les frais de cadeaux d’affaires, les frais de réception et les autres frais de représentation ne sont ainsi déductibles qu’à 50 %, et les frais de restaurant qu’à 69 %.

Sauf s’ils sont exagérés ? En effet ! Si le fisc estime que le montant total de vos frais de restaurant et/ou de représentation est exagéré, il peut encore en limiter la déduction à la partie non-exagérée. Il est en pratique toutefois très difficile de dire avec précision ce qui est ou non exagéré.

Conseil. L’avantage, c’est qu’on ne peut alors pas tirer comme ça un trait sur ces frais en en rejetant intégralement la déduction. Si le fisc prétend dès lors qu’une partie est exagérée, une autre partie est d’office aussi non exagérée.

Maximum 3 % de votre chiffre d’affaires ?

Plus de 3 % d’office exagéré ? C’est en effet ce que le fisc prétend parfois. Cela revient à dire que la partie de vos frais de restaurant et de représentation qui dépasse 3 % de votre chiffre d’affaires est exagérée, et donc pas déductible.

Est-ce une nouvelle règle ? Non, pas du tout ! Votre contrôleur s’est en pareil cas inspiré d’accords collectifs conclus pour certains groupes professionnels, comme les avocats et les huissiers de justice. Ceux-ci bénéficient ainsi d’une déduction forfaitaire de 3 % maximum de leur chiffre d’affaires, sans devoir prouver leurs frais.

Donc pas pour vous ? En effet ! Vous ne faites pas partie de ces groupes professionnels et n’avez donc rien à voir avec ces accords collectifs. Si votre contrôleur évoque donc ce plafond de 3 %, vous pourrez facilement lui répondre : « D’où viennent au juste ces 3 % ? S’agirait-il d’une règle générale applicable à tout le monde ? »

Comment réagir ?

Rassemblez les preuves. Conservez autant de justificatifs que possible de ces frais, comme des factures et des tickets SCE. Indiquez sur ceux-ci le nom des personnes avec qui vous avez mangé, pour lesquelles vous avez acheté un cadeau, … et la nature de leur relation avec votre entreprise. Il appartiendra alors à votre contrôleur de prouver qu’une partie de ces frais est exagérée.

Sauf si vous avez un accord avec le fisc ? Exact ! Vous pouvez aussi essayer de conclure un accord individuel sur vos frais de restaurant et/ou de représentation avec votre contrôleur. L’avantage, c’est qu’il n’y aura alors plus chaque fois de discussions à ce sujet les années suivantes.

Aussi alors d’office 3 % ? Non ! Vous pouvez convenir d’un pourcentage déterminé de votre chiffre d’affaires avec le fisc, mais il ne sera pas automatiquement de 3 %. Cela ne vaut en effet que pour les groupes professionnels précités.

La norme de 3 % ne concerne que certains groupes professionnels et n’est donc pas la règle générale. Mais si un tel pourcentage fixe vous convient, vous pouvez essayer de conclure un accord individuel avec votre contrôleur à ce sujet. Ne vous laissez alors toutefois pas imposer automatiquement ces 3 %.

Paiement du salaire sur compte

Obligation de payer la rémunération par virement bancaire : on y est ! UPDATE

13.10.2016

Depuis le 1er octobre 2016, l’employeur est obligé de payer la rémunération sous forme scripturale aux travailleurs. Le paiement de la main à la main n’est possible que dans certains secteurs.

Comme annoncé dans nos articles précédents (9 octobre 2015 et 12 septembre 2016), le paiement de la rémunération par virement devient la règle de principe. Il n’est plus nécessaire d’obtenir l’accord du travailleur pour utiliser ce mode de paiement.

Le paiement de la rémunération de la main à la main est encore possible à la condition expresse qu’il existe, au niveau du secteur, une convention collective de travail, un accord implicite ou un usage autorisant le paiement de la main à la main (pour tout ou une partie du secteur concerné).

Quels sont les secteurs concernés par cette exception ?

Secteurs ayant conclu une convention collective de travail ou dont la conclusion est en cours

SCP 140.03 (transport routier et logistique pour compte de tiers), CCT en cours de conclusion : sur demande explicite et écrite du travailleur (chauffeur), les indemnités RGPT et les indemnités de séjour peuvent continuer à être payées de la main à la main, avec un maximum de 200 EUR par mois.

SCP 327.01 (entreprises de travail adapté et ateliers sociaux – communauté flamande), CCT du 28 juin 2016 : les travailleurs ont la possibilité de demander des avances sur salaire en liquide à leur employeur, à titre exceptionnel et pour de petits montants, avec un maximum de 100 EUR par mois.

Secteurs ayant un accord implicite ou un usage formalisé

CP 144 (agriculture) et CP 145 (entreprises horticoles) : usage sectoriel relatif au paiement de la rémunération de la main à la main pour les travailleurs occasionnels et saisonniers.

Il n’est plus possible de contester ou de rejeter cet usage car le délai a expiré (voyez notre article du 28 janvier 2016 sur la procédure).

Secteurs dont la formalisation d’un accord implicite ou d’un usage est en cours

SCP 140.02 (taxis) : usage sectoriel en matière de paiement de la rémunération de la main à la main entre les employeurs et les chauffeurs dans des circonstances particulières (avis du 15 septembre 2016 : contestation ou rejet possible jusque mi-mars 2017 au plus tard).

CP 201 (commerce de détail indépendant) : usage sectoriel relatif au paiement de la rémunération de la main à la main pour les étudiants occupés par les boulangeries, par les pâtisseries qui confectionnent des produits frais destinés à la consommation directe, dont la durée de conservation est très limitée, ainsi que par les salons de dégustation des pâtisseries (avis du 12 avril 2016 : contestation ou rejet possible jusque mi-octobre 2016 au plus tard).

NEW !! CP 302 (industrie hôtelière) : usage sectoriel en matière de paiement de la rémunération de la main à la main entre les employeurs et les travailleurs occasionnels (étudiants, extra’s et travailleurs dans les liens d’un contrat de travail flexi-jobs) de cette commission paritaire (avis du 30 septembre 2016 : contestation ou rejet possible jusque fin mars 2017 au plus tard).

CP 324 (industrie et commerce du diamant) : usage sectoriel en matière de paiement de la rémunération de la main à la main pour certains employeurs (avis du 4 juillet 2016 : contestation ou rejet possible jusque début janvier 2017 au plus tard).

Les exceptions sont-elles à durée indéterminée ?

Même si un accord ou un usage est formalisé (il n’y a donc pas eu de contestation ou de rejet dans le délai imparti), il peut toujours être dénoncé ultérieurement. Si tel est le cas, la dénonciation sera publiée sur le site du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Dans cette situation, le paiement de la rémunération de la main à la main ne sera plus autorisé à l’expiration d’un délai de deux mois à compter du jour de la publication de la dénonciation.

Il est donc toujours utile de vérifier sur le site du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale si un accord implicite sectoriel ou un usage sectoriel autorisant le paiement de rémunération de la main à la main n’a pas été dénoncé et ce via le lien suivant (cliquer ici).

Si vous faites partie des secteurs concernés (et que vos travailleurs entrent dans les catégories visées), vous pouvez continuer à payer la rémunération en liquide. Dans le cas contraire, vous n’êtes plus autorisé à le faire et vous devez modifier votre règlement de travail si vous y aviez prévu la possibilité du paiement de la rémunération de la main à la main.

Nathalie Wellemans – Senior legal consultant